Gnac of the day
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Le 30/01/2009 à 00h12 (90.61.***.***)
Nebo -
Euh... non... il s'est pas tant trompé que ça. Obama élu... la guerre de Gaza... la fermeture dans la foulée de Guantanamo... ce sont des événements historiques... il ne les nomme pas, il dit que des choses intéressantes vont se passer. Mais bon... les événements étaient assez faciles à déterminer... le cesser le feu en Israël/Palestine était sur le point de se terminer... Obama avait de fortes chances d'être élu et donc, par là même, la fermeture de Guantanamo... et par voie de conséquences, la prise en main de la crise systémique par la première puissance globale (USA) allait être aussi neuve. Faut voir...

Par contre, cette proposition de réflexion n'est qu'une proposition tangible, il n'y a pas à être subtile ou non... c'est la réflexion, ensuite, qui l'est ou ne l'est pas.

Le 29/01/2009 à 23h26 (88.166.***.***)
yamero -
quand je dis moins subtile à propos des vidéos, c'est que la présentation peut prêter à confusion, entre la démarche artistique pas discutable du point de vue de l'art, et les propos tenus par le monsieur qui eux sont discutables....et la fatigue aidant j'ai oublié les accords de verbe "racontent, expliquent, montrent..." désolé

Le 29/01/2009 à 23h01 (88.166.***.***)
Yamero - @ Lionel
bon, alors sur le fond, parce que ça prend du temps rien que de tout regarder....mais, in fine, je pense que la proposition de Nebo est moins subtile qu'il ne l'est lui-même.... les deux vidéos reportage sont narratives, et donc raconte, explique, montre l'univers du monsieur, et là, rien à dire....si ce n'est entièrement d'accord avec le principe, et le combat p our l'Art, la liberté d'expression....il ne fait rien de mal chez les autres, ne les insultent pas, il s'exprime, il exprime une vision, on peut ne pas la partager dans son ensemble, voire pas du tout, on peut regarder ailleurs....c'est beaucoup de "performances" et c'est sain, dans la démarche.

la première vidéo est une interview, et là c'est autre chose, il cite même Baudrillard le bougre, et là je suis dubitatif....il jubile, c'est clair dans mon esprit, il trouve (enfin) la justification de sa démarche, il joue même les Paco Rabanne (bon il s'est gouré, comme Paco)....bah houais c'est la fin des idéaux, le bordel, le chaos....le chaos? tiens donc!!! là j'adhère moins, d'autant que comme dirait qq1 que j'aime beaucoup, sa petite entreprise, connait pas la crise...là où je le rejoins, c'est sur la crise systémique, je pense qu'il veut dire que c'est à la fois une crise financière, une crise économique, une crise sociale, une crise structurelle, une crise idéologique, que tout çà est plus ou moins interdépendant, et que si deux-trois systèmes se cassent la gueule, le reste suit le mouvement, en cela c'est systémique...je partage, mais le gars est dérangeant à se féliciter, s'amuser de tout cela....après le fric, il l'a pas volé non plus, j'en tiens pas compte (même si comme toi, je pense que c'est plus facile d'être cynique quand t'es sûr d'avoir ton steak dans l'assiette)

Le 29/01/2009 à 22h30 (90.61.***.***)
Nebo -
De plus... il s'agit de la Fin d'un monde... non de la fin du monde. La réflexion est là.

Le 29/01/2009 à 22h07 (90.61.***.***)
Nebo -
Je me doute bien, Lionel, que tu n'as pas non plus tout ton temps pour regarder les trois vidéos de bout en bout. Mais je trouve que ton jugement, de même que celui de JC, est un peu rapide et vindicatif. Tout d'abord, bien que je ne souscrive pas à la branlette qui consiste à se palucher sur du Sombre, du Sombre... encore du Sombre, pour faire l'artiste de service, comme le font énormément d'artistes contemporains, je ne considère pas que La Demeure du Chaos ne soit que cela. C'est un collectif d'artistes et il y a une démarche chez eux qui me séduit : celle qui consiste à faire du "happening" constant, à rendre l'endroit en mutation permanente... mutation = vie... ça bouge, ça change, ça exulte. L'aspect sombre est un questionnement sur notre temps. Tu as beau tenir le discours positif que je connais bien à présent, Lee-o... ... concernant le monde et sa prétendue humanité qui se propage... ... j'ai quant à moi l'impossibilité de faire l'impasse sur ses aspects les plus noirs. Ne chercher à voir qu'une seule facette de notre globe est une erreur qui peut handicaper à la longue. De ce point de vue, "La Demeure du Chaos" est un endroit intéressant qui par ses oeuvres invitent à la réflexion. Personnellement, je ne mettrais pas les oeuvres de "La Demeure" dans mon jardin... et je comprends que les habitants du village où elle est située en demandent la destruction... mais en même temps, c'est un musée ouvert, gratuit, énormément visité le week-end (il faut voir les vidéos) et il conviendrait de le préserver, pas seulement au nom de la Liberté de créer et de penser... blah-blah-blah... tout ce que'on imagine très bien... mais simplement parce que Thierry EHRMANN met son fric au service d'un collectif d'artistes au lieu de simplement se gratter les couilles et de compter sur la hausse des actions. De plus, c'est un pionnier d'Internet, un précurseur. Les oeuvres des artistes de La Demeure du Chaos interrogent. Mais esthétiquement, ce n'est pas du tout ma tasse de thé. En même temps, il est difficile d'interroger la laideur du monde autrement que par une claire observation de la laideur. L'oeil du gouffre. L'expérience de l'Abîme. Songez à Goya, par exemple, ou aux fleurs du Mal de Baudelaire... ou aux "Poésies" de Lautréamont. Ou au "Sacre du Printemps" de Stravinsky. Je ne donne que quelques exemples de personnes que l'on a présentées comme faisant, par leur art, l'apologie de la laideur, alors qu'elles mettaient, simplement, le nez dans la fosse à purin.

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Goya

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Goya

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Goya

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Goya

Une Charogne

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.

Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses.
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !

Charles Baudelaire

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Charles Baudelaire

Les Chants de Maldoror - Chant I

Strophe 1

"Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; car, à moins qu’il n’apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d’esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arrière et non en avant, comme les yeux d’un fils qui se détourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle ; ou, plutôt, comme un angle à perte de vue de grues frileuses méditant beaucoup, qui, pendant l’hiver, vole puissamment à travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point déterminé de l’horizon, d’où tout à coup part un vent étrange et fort, précurseur de la tempête. La grue la plus vieille et qui forme à elle seule l’avant-garde, voyant cela, branle la tête comme une personne raisonnable, conséquemment son bec aussi qu’elle fait claquer, et n’est pas contente (moi, non plus, je ne le serais pas à sa place), tandis que son vieux cou, dégarni de plumes et contemporain de trois générations de grues, se remue en ondulations irritées qui présagent l’orage qui s’approche de plus en plus. Après avoir de sang-froid regardé plusieurs fois de tous les côtés avec des yeux qui renferment l’expérience, prudemment, la première (car, c’est elle qui a le privilége de montrer les plumes de sa queue aux autres grues inférieures en intelligence), avec son cri vigilant de mélancolique sentinelle, pour repousser l’ennemi commun, elle vire avec flexibilité la pointe de la figure géométrique (c’est peut-être un triangle, mais on ne voit pas le troisième côté que forment dans l’espace ces curieux oiseaux de passage), soit à bâbord, soit à tribord, comme un habile capitaine ; et, manœuvrant avec des ailes qui ne paraissent pas plus grandes que celles d’un moineau, parce qu’elle n’est pas bête, elle prend ainsi un autre chemin philosophique et plus sûr."

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Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont...

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Découvrez Daniel Barenboim & Orchestre de Paris!

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Igor Stravinski...

Le 29/01/2009 à 18h14 (87.231.***.***)
Lionel @ Yamero -
C'est bien, à force d'affiner notre propos, on va sans doute parvenir à un certain accord sur ce point aussi.

Pour "systémique" employé comme nom, le Grand Robert indique : Systémique [3] N. f. Technique des systèmes complexes. C'est cohérent avec ce qu'en dit de façon un peu plus détaillée ta fiche Wikipedia.

Mais je te fais remarquer que cette fiche évoque l'accent mis par la "systémique" sur "l'échange entre les parties du système". J'entends bien que quand tu évoquais des "interactions entre plusieurs systèmes", tu restituais bien un des aspects majeurs de ladite technique. Mais il y a avait une petite erreur d'échelle, disons, qui a justifié ma réserve... provisoire. Un système, et un système complexe, en plus, c'est déjà un assez gros morceau pour qu'on n'aille pas chercher à se compliquer encore la vie en en conjuguant plusieurs, right ?

Maintenant, si après la forme, tu as un commentaire sur le fond de la question abordée, vas-y, n'hésite pas, hein ?

Le 29/01/2009 à 16h40 (82.121.***.***)
Yamero - @ Lionel
j'avais précisé "dans mon domaine d'intervention".... http://fr.wikipedia.org/wiki/Analyse_syst%C3%A9mique"> comme expliqué dans les grandes lignes ici mais peut-être que systémique et analyse systémique sont deux notions différentes....

Le 29/01/2009 à 16h25 (87.231.***.***)
Lionel -
Comme le dit sagement jc, dont je note avec plaisir qu'il réagit comme moi aux propos de Thierry Erhmann, "ça sert à rien de s'exciter", et je dois dire que je me suis moi-même un peu laissé emporter hier.

Il n'était ainsi pas si pertinent de ma part de parler de "pédanterie" à propos de l'hypothèse "systémique" du monsieur, même si le mot est un peu recherché. Je t'accorde ce point-là, Yamero, mais un peu moins ta définition du mot dans une acception comparative et portant sur l'interdépendance entre plusieurs systèmes. Pour mémoire, la définition de l'adjectif donnée par le "Grand Robert" est la suivante : Systémique : [1] Adj. Qui se rapporte à un système dans son ensemble ou qui l'affecte. — Qui étudie les systèmes.

Ce contre quoi je me suis un peu emporté, c'est la propension, c'est temps-ci, à remettre en cause intégralement "le système", dans son essence même, ce sont les résurgences d'appel à la "table rase", alors qu'il s'agit là de la réflexion la plus primaire qu'on puisse faire face aux problèmes que nous affrontons.

Mais pour corriger un peu mon propos d'hier, l'éclaircir, j'admets naturellement que le système est à corriger. Je maintiens que ce qui pose problème, ce sont les excès de la nature humaine en général, mais ces excès se corrigent naturellement par une intervention sur le système économico-socio-culturel dans lequel nous évoluons.

Il s'agit donc de corriger, de mieux réguler le système, et c'est un constat qui commence à s'imposer aux esprits du plus grand nombre. C'est ainsi que l'on modère les passions individuelles (appât du gain, agressivité, manque de considération pour l'autre, etc.). Et dans mon analyse, ce sont les passions individuelles de tous qu'il s'agit de modérer. L'argument de l'innocence absolue des "petites gens" -- intervention de Bernard Thibaud cette semaine arguant que les salariés ne sont aucunement responsables de la crise et n'en sont que les victimes -- et de la "culpabilité" de quelques privilégiés ne tient pas, n'est qu'un avatar des excès de la victimisation et est dangereux parce qu'il détourne du juste constat.

La démocratie est en approfondissement constant et, logiquement, la "correction du système" est une affaire de correction de masse. Un bon exemple récent est celui de la sécurité routière. Le "système" de la circulation automobile de véhicules individuels faisait jusqu'à il y a quelques années plus de 10000 morts chaque année. La correction du système a consisté à mieux encadrer le système (radars automatiques, augmentation des messages de prévention) et à provoquer une prise de conscience chez les usagers du système. On change vraiment un système quand tout le monde tire à peu près dans le même sens et non dans les polémiques et les affrontements. Il n'a pas été question, heureusement, de remettre totalement le système en cause. On ne bâtit rien en effaçant tout l'antérieur.

Le 29/01/2009 à 14h43 (89.158.***.**)
jc @ nebo -
oui, moi non plus je vois pas trop ce qui te plait chez lui. Ca me fait plus penser à un mix entre les Inconnus et Groland qu'autre chose. Car tout le truc du mec est basé uniquement sur l'argent, sur le fait qu'il soit milliardaire. Etre milliardaire, c'est un bon moyen pour emmerder tout le monde sans que personne n'ai rien a dire, c'est exactement la mentalité moderne que l'artiste fustige. Il est en plein dedans le mec, comme les caméras et tout le reste (le pseudo epicurisme en carton par exemple, mais seulement pour lui, pas pour les femmes). C'est pas le capitaine Nemo comme il dit, c'est Big Brother. Bon, ça sert à rien de s'exciter, j'arrete. Mais c'est sur que c'est pas mon truc comme on dit.

Le 29/01/2009 à 11h37 (82.121.***.***)
Yamero - @ Lionel
...concernant le mot "systémique", je ne pense pas que ce soit un mot pédant ni qu'il concerne un système...quand on parle d'analyse systémique, on entend (en tout cas dans mon domaine d'intervention) une observation qui ne se limite pas à un système justement, mais aux interactions entre plusieurs systèmes, que l'on se doit de regarder dans leur influence sur les autres et inversement, de manière à en dégager une analyse qui tienne compte de tous les facteurs. Je ne peux analyser le fonctionnement de mon équipe qu'au regard du fonctionnement des équipes partenaires avec lesquelles elle travaille, qui demandent une adaptation, du fonctionnement des usagers...etc. analyser seulement comment fonctionne mon équipe et en tirer des conclusions, c'est faire une erreur majeure et donner raison à ceux qui avanceraient que je ne comprends rien à leur difficultés quotidiennes....je dois donc avoir une approche systémique... voilà, j'espère ne pas avoir été trop pédant

Le 28/01/2009 à 11h50 (87.231.***.***)
Lionel @ Nebo et al. -
J'ai regardé les 5 premières minutes de la dernière vidéo que tu proposes, et ma première réaction est que je trouve obscène le propos catastrophiste et pontifiant de ce monsieur Eann, "307e fortune française", qui peut prendre des mines tour à tour amusées, attristées, supérieures... confiant qu'il est de ne pas avoir lui-même à réellement souffrir de la crise, dont il amplifie comme à plaisir les effets possibles.

Les crises ont toujours vu naître des imprécateurs se réjouissant de fustiger les hommes, la civilisation, etc. Le plus souvent, ce ne sont pas ces gens-là qui ont été utiles à leurs congénères en ces divers épisodes difficiles.

oOo

PS : La crise n'est pas "systémique". Ceux qui emploient ces mots un peu pédants et qui évoquent un "système" à revoir sont ceux qui n'ont pas grand chose d'utile/intéressant à dire sur le sujet mais qui sont juste bien contents pour une raison ou pour une autre -- en général par misanthropie -- de la perspective que tout ou presque puisse péter à la gueule de tout le monde.

Si l'on veut essayer d'apprécier de façon globale les problèmes de l'heure, on peut dire que c'est une "crise de la nature humaine", survenue parce que cette nature est devenue surpuissante et d'envergure planétaire. Les esprits un peu limités ou qui s'auto-limitent ont beaucoup glosé sur la "déshumanisation" du monde moderne, alors qu'en fait, le constat pertinent à faire, c'est le contraire, c'est l'humanisation quasi-totale de processus qui étaient jusqu'ici plus formels, plus codifiés ou encadrés, plus institutionnalisés donc préservés des passions directes de la nature humaine.

Ce sont ceux qui sauront étoffer cette piste de réflexions et de commentaires qui auront probablement une vraie utilité pour accompagner le "travail" (au sens d'accouchement) à favoriser dans les mois et les années à venir.

Le 27/01/2009 à 20h44 (90.61.***.**)
Nebo - A voir de bout en bout... histoire de cogiter.
THIERRY EHRMANN et LA DEMEURE DU CHAOS... ou... à quoi sert l'Art ?

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http://www.dailymotion.com/video/x7924w_thierry-eann-la-demeure-du-chaos_news">THIERRY EHRMANN LA DEMEURE DU CHAOS
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http://www.dailymotion.com/video/x85xm6_la-demeure-du-chaos-un-combat-pour_creation">La Demeure du Chaos - Un combat pour la liberté d'expression
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Le 25/01/2009 à 21h50 (89.158.***.**)
-
"Et des rencontres qui vous ont laissé le coeur lourd...

Dans ce cas, je peux parler d'Edward Teller qui ne mérite pas la même sympathie : il est quand même l'inventeur de la bombe à hydrogène... Il a travaillé avec Oppenheimer pour le projet Manhattan, dans les années trente. Il a bien connu Einstein qu'il a forcé à rédiger cette fameuse lettre au président des Etats-Unis dans laquelle il lui demande de poursuivre les recherches atomiques. Après la défaite du nazisme et Hiroshima, Teller a participé pendant la guerre froide au programme "Guerre des étoiles" du président Reagan. Il croyait qu'il fallait un équilibre atomique entre l'Union Soviétique et l'Amérique. Je me souviens que nous avions parlé de métaphysique : j'ai essayé de lui faire admettre que la physique ne peut exister sans la métaphysique. Dans les universités allemandes, au XIXe siècle, quand on suivait un doctorat en physique, on dépendait encore de la faculté de philosophie. Les grands physiciens comme Niels Bohr, Heisenberg, Max Planck, Carl Friedrich von Weizsäcker ont toujours été des philosophes. Mais lui avait complétement rejeté ce lien entre physique et métaphysique. Nous avons parlé de Dieu, il a dit qu'il ne savait pas quoi en dire, il ne donnait pas de réponse, il a toujours dit que si il parlait de Dieu cela n'aurait pas plus d'intérêt que ce qu'en disait sa femme de ménage. Je lui ai dit qu'Einstein, dans les dernières années de sa vie, avait travaillé sur la sociologie de la religion ; mais selon lui, Einstein n'avait accompli qu'une seule grande chose, la théorie de la relativité et rien d'autre. C'était un pur mathématicien, un pur physicien qui excluait toute idée de métaphysique. De grandes photographies le montrant avec Ronald Reagan étaient accrochées chez lui. Il nous a raconté que quand Gorbatchev, après l'ouverture de la perestroïka, était venu lui rendre visite à la Maison Blanche, à Washington, lui-même, qui était toujours un faucon dans la diplômatie américaine, avait été convié mais Gorbatchev avait refusé de lui serrer la main. Reagan avait présenté Teller comme un grand professeur et un physicien. Il avait tourné la tête et avait seulement répondu : "Il y a beaucoup de M. Teller dans le monde". Puis il était parti.

(...)

Vous aimiez Salvador de Bahia et vous y rendiez souvent aussi parce que votre ami Pierre Verger, le photographe français, y habitait. Pourquoi était-il tellement important pour vous?

En tant qu'anthropologue et philosophe de la culture, j'ai toujours eu beaucoup d'affection pour l'oeuvre du photographe ethnologue Pierre Verger. Très jeune, je lui ai rendu visite à plusieurs reprises, dans sa maison en bois rouge d'un quartier pauvre de Salvadror de Bahia. Pierre Verger a vécu la-bas comme un ermite. A l'époque, il avait mis en place une petite fondation. Nous avons parlé de son amitié avec Levi Strauss, Michel Leiris, Roger Bastide et Alfred Métraux. Pierre Verger a exploré le monde jusque dans ses moindre recoins et, plus important encore, il l'a compris dans ses ultimes ramifications, comme photographe, puis comme ethnologue et historien - ces deux domaines de la vie et de l'expérience se rejoignant. Né dans une famille de la grande bourgeoisie parisienne, il s'est éloigné dès sa prime jeunesse de l'existence bourgeoise. Pierre Verger était en Chine avant la guerre, il a photographié Tchang Kai-Shek souriant, Hemingway à Cuba, il est allé au Nigéria. Après la seconde guerre mondiale, Pierre Verger vécu retiré et très modestement à Salvador de Bahia dans cette fameuse petite maison rouge sombre. Il était spécialiste de la culture afro-brésilienne, on le nommait "fatumbi". Une nuit, il m'a emmené dans une banlieue reculée, à un codomble, un rite sacrificiel ; j'ai vécu ma première expérience mystique avec les animaux tués, le sang qui coulait, la danse, la transe.

Quand vous avez obtenu une chaire à l'université de Karlsruhe, en 1993, vous avez invité votre ami Pierre Verger.

Il est venu avec une assistante par le train de Paris, je suis allé le chercher à la gare, il était pauvre mais il demeurait un très grand artiste, un très grand ethnologue. Il était vêtu d'une chemise et d'un pantalon brésilien, son visage était déjà emacié, marqué par la mort. Ses lunettes étaient cassées, réparées avec du Scotch. Je lui ai dit : "Sois le bienvenu en allemagne. Es-tu déjà venu dans ce pays?" Il m'a répondu : "Oui, Constantin, une fois, après la guerre." J'ai dit : "Donc tu es venu en 1945", il m'a interrompu : "Non, Constantin, après la Première Guerre mondiale." Alors j'ai compris dans quelles dimensions il pensait. Nous avons organisé une conférence à l'université, il a parlé avec les étudiants de l'Afrique, du Yoruba, du Nigéria, de la culture afro-brésilienne. Il a parlé de l'écologie du Brésil, de cosmologie, de photographie. Un de mes étudiants, qui était un peu surdoué, a demandé à Pierre Verger selon quelles théories académiques il avait réalisé ses photographies, en citant Susan Sontag et tout la grande littérature théorique de Roland Barthes. Pierre Verger l'a regardé en souriant et lui a dit : "Je fais seulement "clic"." Pour revenir à Salvador de Bahia, cette ville m'a profondément marquée par son syncrétisme, avec ses petites ruelles, les anciens bistrots derrière le port. Je n'ose plus y retourner sans Pierre "Fatumbi" Verger, le photographe, l'ethnologue, l'historien, mais aussi et surtout le sage. Je garde de lui un souvenir aigu.

(...)

Pourquoi Buenos Aires était-elle pour vous tellement fascinante?

Je me rappelle le Théâtre Colon et les concerts de musique classique de Mozart, Mahler, mais aussi de Hänsel et Gretel pour les enfants, de cette grande mélancolie des dimanche après midi sous la chaleur, quand les rues étaient désertes. Je me souviens du Tigre, cette région de la province de Buenos Aires où les habitants bourgeois avaient leurs résidences secondaires. Parfois nous étions invités avec ma mère pour quelques jours chez des amis. A Buenos Aires, à l'époque, il y avait beaucoup l'Allemands, et aussi une grande population de juifs, certains étaient très amis avec mes parents. Ma mère travaillait en tant que photographe et mon père était paysagiste. A une période, il y avait à Buenos Aires un risque de propagation de la poliomyélite, le pédiatre avait donc conseillé à ma mère de partir dans les Andes, pour échapper à la chaleur de l'été et au risque d'attraper la maladie. Nous sommes partis, ma mère et moi, par le train de nuit puis l'autobus jusqu'à un petit village dans la montagne qui s'appelait Cumbre Sita. Ce village avait été fondé par des immigrants juifs autrichiens, dans les années trente. Les maisons avaient été construites par les fugitifs dans le style des maisons autrichiennes en bois du Tyrol. Nous avons été hébergés par le médecin du village. Nous étions heureux de parler allemand. Je me souviens que, parmi les enfants indiens qui habitaient dans des tentes à la périphérie du village, je m'étais fait de proches amis. J'ai appris à monter à cheval avec un vieux gaucho, Don Ramon, qui vivait avec les indiens. Les immigrants juifs autrichiens avaient même planté des sapins, qui leur rappelaient leur patrie. Ma mère m'avait promis qu'elle me montrerait de vrais sapins lors de notre première visite en Europe en Forêt-Noire. Photographe et artiste, elle a fait plein de photos de ce village et s'est liée d'amitié avec les immigrés juifs autrichiens tout au long des mois où nous avons vécu dans le village pour éviter l'épidémie de polio. Je me souviens aussi des cirques en tournée mondiale, venus d'Europe dans les années cinquante à Buenos Aires, par exemple le fameux cirque Sarrasani. Ma mère et moi sommes allé à plusieurs reprises au cirques et j'étais chaque fois très ému de voir les vieux chevaux, très maigres, qui tiraient un ancien carrousel pour enfants. Ils portaient des oeillères pour ne pas voir qu'ils tournaient sur une piste. Moi, je jouais toujours avec les artistes et les clowns. Plusieurs fois, ma mère et moi nous sommes rendus au centre de Buenos Aires, à la gare néoclassique de Retiro. Buenos Aires était une ville très élégante, avec ses grandes avenues haussmanniennes. Parfois, nous allions au cinéma ou au théâter Colon. Une fois, je me souviens, j'ai vu dans un magasin de chasse un fusil à air comprimé pour enfants. J'ai demandé à ma mère de me l'acheter. Elle a tout de suite hésité, parce qu'elle savait que mon père était opposé à ce que je joue avec une arme. Elle s'est alors immédiatement rendue avec moi dans une cabine téléphonique d'où nous avons appelé mon père. Il m'a expliqué par téléphone - la Deuxième Guerre mondiale l'avait beaucoup marqué - qu'il ne souhaitait pas que son fils s'amuse avec un fusil. Mon père était un pacifiste absolu.

Retournez vous souvent à Buenos Aires?

J'essaie d'y retourner le plus souvent possible. C'est bizarre, car même cinquante ans plus tard, je m'y sens toujours chez moi. Les bistrots littéraires de Jorge Luis Borges et Roberto Arlt, Antonio Porchia, avec son chef-d'oeuvre Voces - cet immigrant italien de Naples qui a influencé de nombreux auteurs, notamment André Breton, la villa extraordinaire de la grande mécène Victoria Ocampo. Elle a créé avant la guerre l'importante revue littéraire Sur avec Borges. Ca me donne de l'espoir. Aujourd'hui encore, je peux marcher des heures et des heures pendant la nuit à travers les rues de Buenos Aires, à San Telmo où se trouve le marché aux puces ou dans les ruelles où des danseurs de tango s'offrent en spectacle toute la nuit. Je retourne toujours sur le port, sur les quais duquel je marchais déjà souvent avec ma mère dans mon enfance. Cela me donne le mal du pays et éveille en moi la nostalgie. Dans la chaleur de midi les quais du port sont déserts, ainsi que les rues, comme dans les peintures de Giorgio De Chirico. Sinon à Buenos Aires, on sent cette forme sensitive d'une métaphysique vécue, plus que dans aucune autre ville du monde. Un sentiment que Borges décrit dans la nouvelle "Le Sud".

Quelle est la différence entre cette ville et d'autres villes dans le monde?

Buenos Aires est un mélange de l'élégance de Rome, de l'architecture de Paris et du cosmopolitisme de New York. Mais ce qui est particulièrement important pour moi, c'est la chaleur des gens dans la vie quotidienne, dans les taxis, les métros, n'importe où ; je sens dans cette ville une profondeur émotionnelle et affective qui n'est commune à aucune autre ville au monde. Dans les conversations de chaque jour et dans la vie quotidienne, les Portenos ont une grande dignité. On pourrait même parler de mélancolie qui est comprise excellement dans la culture brésilo-lusitanienne dans le terme saudade. Chaque fois, quand je me rends depuis l'aéroport Ezeiza au centre de la ville de Buenos Aires, les souvenirs d'enfance me rattrapent. C'est un sentiment étrange. Je pense au poète Ungaretti et son poème "Matin" : "Je m'éblouis/ d'infini". Chacun de nous porte un "Sud" en soi - toujours et pour l'éternité.

(...)

Nous étions très amis avec le musicien Yehudi Menuhin, un des plus importants violonistes et chefs d'orchestre du XXem siècle, mais aussi un grand humaniste et homme de paix. Quel souvenir gardez vous de lui et de ces années de notre amitié?

Yehudi Menuhin était un grand ami, un homme j'ai beaucoup admiré, je l'ai rencontré pour la première fois au Forum économique mondial de Davos. Nous avons discuté, échangé des lettres, il m'a fait part de son désir d'établir un Parlement européen des cultures. Il s'occupait des minorités en Serbie, au Kosovo, en Irlande, des Tsiganes, il voulait donner une voix et une dignité à ceux qui n'avaient pas encore la parole en Europe. Nous nous sommes vus plus tard à Düsseldorf, nous avons parlé jusqu'à deux heures du matin, ce n'était pas tant les thèmes que nous partagions qui m'impressionnaient mais son coeur, son humanisme, son humour juif il faut le dire, sa grande connaissance du monde. Il a connu Einstein, Brecht, Schönberg, Stravinski. Nous avons travaillé ensemble jusqu'à sa mort pour mettre en place ce Parlement européen des cultures, il fallait trouver des financiers. Nous sommes souvent allés à Bruxelles pour rencontrer des ministres de la culture européene, nous avons donné des conférences à la Commission européene de Bruxelles. Nous sommes allé voir tous les chefs d'Etat de l'Europe pour créer ce parlement. Je ne me souviens pas seulement de ce projet mais surtout de l'être humain. J'étais sur ma terrasse en Corse, j'écoutais Radio Classique pendant une semaine une série de concerts que Yehudi avait donnés dans toute l'Europe ; les ovations, après les représentations, duraient une vingtaine de minutes et j'imaginais le petit Yehudi à l'époque où il était sur scène non pas en tant que violoniste mais comme chef d'orchestre. Nous avons parlé du sacré dans l'art, dans la musique. Où qu'il fut dans le monde, si je lui envoyais un fax, il me répondait dans les vingt-quatre heures. J'ai conservé des centaines de lettres de lui. Je lui avait écrit "Yehudi, je suis sur ma petite terrasse en Corse et j'écoute les ovations des milliers de gens qui t'écoutent". Il m'a répondu "Cher Constantin, le sacré nous réunira pendant toute notre vie". Une autre fois, alors que je regardais une émission sur Stravinski et sa deuxième épouse russe, j'ai vu tout à coup le jeune prodige Yehudi qui jouait, à huit ou neuf ans, du violon avec le grand compositeur. Il était à Tokyo, je l'ai appelé, je lui ai dit que j'écoutais un enregistrement de sa jeunesse à l'hôtel Waldorf Astoria de New York avec Stravinski. Il pleurait presque au téléphone, notre amitié était très profonde, non seulement académiquement et politiquement, mais dans cette façon de penser à l'autre, penser au faible. Yehudi était né à New York dans une famille de Juifs russes. Sa mère lui avait dit qu'elle l'avait appelé Yehudi pour que tout le monde sache qu'il était juif. C'est un homme de l'équilibre, il a toujours essayé de se reconcilier avec l'adversaire dans le sens d'une paix vécue. Il pensait toujours aux palestiniens dans les conflit israelo-palestinien. Yehudi pensait toujours à l'autre, aux plus démunis, aux plus vulnérables, pour les comprendre, pour les aider. Il a joué pendant la guerre de 1945 pour aider les troupes américaines en Corée, il était le premier après guerre à se rendre à Berlin et à donner la main à Furtwängler, à la tête de l'orchestre philharmonique de Berlin, qui avait malheureusement été lié au nazisme. Yehudi disait qu'il fallait faire la paix avec lui. Il était un homme de paix. Sa mort a été un grand vide dans ma vie.

Yehudi vous demandait toujours de raconter votre voyage chez les Indiens Queros dans les Andes du Pérou...

Oui, je lui ai raconté mon expédition en 1989 avec deux chevaux près de Cuzco, au Pérou, dans les montagnes. Quand je suis arrivé à quatre mille mètres d'altitude dans les Andes de l'Amérique latine, dans un petit chemin où les chevaux ne pouvaient presque pas passer, j'au vu un indien aveugle jouer du violon. C'était un violon très ancien, abîmé. L'Indien était muet, il était complétement seul dans ces montagnes loin du village. J'ai raconté cette histoire à Yehudi, elle l'a beaucoup touché. Cet Indien, muet, seul à quatre mille mètres d'altitude près de Cuzco au Pérou ressemblait beaucoup à Yehudi, avec son humilité, son innocence, sa pureté.

Constantin von Barloewen (dialogue avec Gala Naoumova), 2008.

Le 24/01/2009 à 04h07 (83.204.***.*)
nyto - @ Lionel
Hello,
Yes, tu as raison, au même titre que JC, cela serait trop lourd à mettre en oeuvre. Tu as aussi raison dans le fait que "jouer" aux négociateurs impliquerait un travail de recherche autant bénéfique que les magnifiques contribes archi détaillées dont Toi, Nebo, JC, Fox entre autres nous régalez de temps à autres...Pour un travail perso de connaissance, cela ne peut être que tout bénèfe...
Si l'on s'en tient qu'aux infos TV et Presse, le premier sentiment qui nous envahie est de vouloir atomiser Israël...mais c'est tellement facile que de balancer un seul son de cloche???
J'ai beaucoup vu de Palestiniens en larmes mais j'ai toujours pas vu un reportage en Israël ou sont tombées les roquettes...A croire que si ya pas de sang et de larmes, cela n'interesse pas les médias...
Pis en 2009, on apprend encore des trucs sur les coulisses de 39-45 qui font froid dans le dos...Donc, pour cette guerre qui nous est contemporaine, les vraies infos commenceront surement à filtrer dans 15-20 ans...

6 jours sans gamelles, je vous soupçonne Gina et toi avoir skié avec la Wii devant la téloche...
Perso, c'est un peu comme toi, la dernière fois au ski, c'etait ya 10 ans à Morzine Avoriaz...
Mais tu sais bien que c'est comme le vélo, une demi journée à revoir les bases et youplaboum, à nous les Noirs tout schuss!!!

Le 23/01/2009 à 23h17 (88.170.**.***)
nonosik@wam -
sorry Wam et non Wham

Le 23/01/2009 à 22h59 (88.170.**.***)
nonosik@Lionel&Wham -
Ah le ski....Rien de tel, Lionel,a chaque fois que je vais skier j appréhende grave en me disant "ptin je sens que cette année je vais en chier" et a chaque fois je me surprend par moi meme.....va comprendre,peut etre l air de la montagne qui nous booste Wham,elles sont dures les dernières pistes en fin de journée après les efforts et beaucoup de vin chaud entre chaque piste.....MDR..... Ps: Lionel, pour info dans 15 jours, je joue 3 morceaux avec ton pote FIFI a la Cigale a ciaooo

Le 23/01/2009 à 22h46 (90.36.***.**)
Lionel @ Wam (Guillaume ?) -
Il me semble bien que "Wam", c'est Guillaume, mais franchement, si c'est le cas, et vu comme on se connaît assez bien, je préfèrerais que tu signes simplement de ton nom.

Ce qui m'a permis de mieux skier, ce sont les 2 paramètres évoqués, auxquels on peut probablement ajouter plus de maturité. Le paramètre "physique" est incontestable. Il y a 8-10 ans, j'étais dans une période où je ne faisais quasiment plus d'exercice physique régulier, alors que maintenant, c'est gym tous les matins, vélo 5 km tous les jours et 30 km le dimanche, auxquels j'ai ajouté pendant 3 semaines avant de partir l'exercice de la "chaise" (dos contre le mur, cuisses à l'horizontale) monté de 2 mn à 4 mn avant de partir. Franchement, je ne crois pas m'être senti aussi bien physiquement, à faire par exemple de longs schuss sans aucun tremblement des cuisses mais au contraire à les sentir prêtes à tenir longtemps.

Pour le 2ème paramètre que tu évoques, je ne mettrai pas l'accent spécialement sur les skis "paraboliques", mais sur l'amélioration du matériel en général. Ainsi, je ne crois pas m'être jamais senti aussi bien dans des chaussures de ski ; le pied extrêmement bien tenu sans que ce soit inconfortable du tout. Les skis, c'étaient des moyennement paraboliques de 1,75 m (note qu'apparemment, les loueurs de skis ne louent plus de skis droits). C'est l'ensemble du matériel que j'ai trouvé excellent, c'est-à-dire prompt à réagir à mes commandes sans aucune distortion ou presque.

Après, sur les questions de chutes et de prise de risques, chacun ses objectifs, mon grand ; chaque âge a ses caractéristiques, la compagnie avec qui tu skie influe aussi. À mon âge encore plus qu'avant, on essaye de se fixer des objectifs et de les réaliser, après avoir été moins focalisé, après avoir fait plus "d'expériences", de "trial and error", comme tu sembles le recommander -- mais je pense que c'est plus adapté à ton âge, donc personne n'a tort, si tu vois ce que je veux dire. J'ai toujours été "casse-cou raisonnable" et maintenant, cet équilibre est vraiment optimisé. Que ce soit sur les pistes en effet dammées ou sous la tempête de neige, 50 cm de poudreuse, sans aucun damage comme aujourd'hui ! Et puis il y a avec qui tu skies ; ma femme est très bonne skieuse mais elle est moins rentre-dedans que moi et elle a un peu mal à un genou en ce moment. Donc, moi, je ne vais pas aussi à fond que je pourrais, bien sûr. Si j'avais skié avec toi, il y aurait eu certainement plus de chances que je chute.

Moi, je vais le plus souvent à ma station favorite, La Plagne. Et c'est marrant, mais autant je suis un cannabinophile de très longue date, autant il n'a jamais été question que je fume quoi que ce soit de ce genre avant de faire du sport (ou pendant). Pour moi, c'est carrément antinomique !

Le 23/01/2009 à 21h16 (90.46.***.***)
(Wam@uSkieur) -
(salut Lio... j'ose creuser un peu la question...est ce la forme "Physique" de ton corps ou est ce la forme "Parabolique" du corps des planches (ou les 2?) ou l'extrême damage de toutes les pistes (aujourd'hui qui supprime du coup les bosses et les trous autrefois largement convoités par les puristes techniciens ou amateurs du ski de bosse -gare aux genoux!- dont je fais partie )qui selon toi t'ont permis de mieux skier? le parabolisme permet aujourd'hui au skieur - celui qui prend le risque d'exagérer la courbe ou de raser un peu plus le sol dans la courbe et de ressentir a peu près ce que tout surfer ressent...- et il faut l'avouer de stemer (on va stemer!!! sous le soleil ou sur un oreiller!!!) un peu plus facilement MAIS du coup de prendre plus de plaisir aussi...;-) Bon par contre la chute... la chute faut oser en prendre aussi... la chute ce n'est pas l'echec uniquement, c'est aussi la recherche de la prise de risque la prise de quart extrême pousser la recherche de l'équilibre dans ses retranchements aaaaaaaah le ski j'y vais un week end en fevrier ...j'en profiterais un ou deux apres midi...Moi en général je vais sur la vallée de la maurienne (département 73 val cenis, termignon, le parc de la vanoise) je file tout en haut m'allume un spliff sur le telesiege et me fait ma pause devant un vin chaud avant de repartir de plus belle et le soir...je m'endors...ravi! Et toi tu vas ou? )

Le 23/01/2009 à 19h30 (90.14.**.**)
Lionel @ Nyto, JC, et al. -
L'idée est originale et intéressante. Non pas tant pour dégager de vraies solutions aux problèmes réels dont on simule les négociations. Ça, ça me semble très irréaliste, Nyto, pour plusieurs raisons dont une des principales est que nous ne connaissons pas toutes les données d'un problème aussi bien que les vraies parties prenantes ou négociateurs. Non, l'intérêt de ton idée, c'est un intérêt didactique, à mon sens : amener les participants à se documenter et à se sentir plus impliqués, et montrer aux lecteurs un processus de négociation et non de simple discussion.

Mais l'objection principale, comme l'a noté JC, c'est que ça demanderait plus de temps et d'implication que ce n'est déjà le cas pour les contributeurs principaux. Et puis pour ma part, concernant les premières "négociations" à mettre ainsi en scène, celles du Proche-Orient, j'ai déjà indiqué que je ne souhaite pas consacrer trop de temps à ce thème, omniprésent, qui échauffe les esprits quasiment partout où il est abordé, et dont je pense que la résolution passe par une certaine configuration diplomatique et nulle part ailleurs.

Merci pour ton clin d'oeil sur ma semaine à la neige, dont je rêvais depuis un certain nombre d'années, Nyto ! Je viens d'achever les 6 jours de ski par une après-midi d'enfer sous une tempête de neige et sur 50 cm de neige tombés depuis la nuit dernière, c'était extra ! On a quand même eu 2 jours 1/2 de soleil, et moi qui me demandais si j'aurais le même niveau qu'avant, je constate, ravi, qu'en bien meilleure condition physique qu'il y a 8 ans, je skie encore mieux qu'avant, hé hé ! (j'ai des preuves en vidéo !). D'ailleurs, Gena et moi terminons la semaine de ski sur un "grand chelem" : pas une seule chute ni pour l'une ni pour l'autre sur les 6 jours !

Le 23/01/2009 à 00h31 (83.204.***.*)
nyto - @ JC
Yes, ça m'est plutot apparu comme ça mais c'est grace à vous et toutes vos contribes aussi bonnes les unes que les autres...
Avec cette idée, je ne fais que synthetiser tout ce que j'ai lu et ce que ça m'inspire...
Mais tu as raison, c'est assez lourd à mettre en place sur la durée...
A voir...

Le 22/01/2009 à 23h05 (89.158.***.**)
jc @ nyto -
Ah d'accord, j'avais mal compris, pardon . L'idée est bonne, je pense pas qu'on trouve ça partout! Ca t'es venu comme ça? Moi ça m'amuserait peut etre, mais d'un autre coté, encore une fois, c'est vraiment une question de temps. Quand on voit le temps que ça prend rien que pour écrire une contrib developpée, je me vois mal négocier autrement qu'autour d'une table.

Le 22/01/2009 à 09h43 (83.204.***.*)
nyto - @ JC
Si, cela reste démocratique, dans le sens ou tout le monde peut participer...le Log et Pass servent juste à differencier vers quel forum tu sera redirigé...
Genre, forum A, celui des Négos et Forum B, celui de la diplomatie...C'est juste pour éviter que l'on se retrouve à 400 en négo et que cela devienne vite ingérable...
Pour le fichage, je pense qu'ils ont pas attendu le forum de Louis pour prendre des notes sur la population...

P'tite pensée émue à notre Lionel qui rechausse des skis après 8 ans d'interruptions...
Lionel, ce qui est bien au ski, c'est que tu passes et slalom par tous les partis (vert, rouge, bleu, jaune) pour apprendre et comprendre à la finale que l'espoir d'amélioration et l'expérience sont dans le Noir du rock... A toi de rester en équilibre dans tout ce merdier...

Le 21/01/2009 à 11h46 (89.158.***.**)
jc @ nyto -
Original comme idée! Mais je ne pense pas que ça cadre bien avec le fait qu'un forum, et surtout celui de Louis ou il n'y a pas d'inscription requise, soit démocratique. Et puis, tout une série de problème se poserait. Parmi lesquels, en vrac : * Le temps que ça prendrait à tout le monde d'y participer vraiment. * Le risque fichage (on est dans le domaine public et j'ai un coté parano). * la "selection" des participants au jeu de rôle. Donc ça me parait assez compliqué...

Le 20/01/2009 à 23h36 (83.204.***.*)
nyto - @ Louis, Lionel, Fox, Nebo, Jc, Ed...
Un truc qui serait coolos, avec l'aide du père Larsen, serait d'ouvrir un new forum avec log-pass ou, avec tout ce que l'on suppose savoir sur certains conflits, y tenir une table des négociations virtuelle mais serieuse...
05 intervenants ou plus dans chaques camps et on négocie pour trouver une issue au conflit...avec ses choses positives et ses coups tordus
Forum en open, mais les visiteurs pourraient juste lire et assister aux négociations...ou faire des suggestions dans une partie "idées externes", la diplomatie du reste du monde en quelque sorte
Une sorte de jeux de role mais archi-serieux et quand le taf sera fini et plaira à tout le monde, rien n'empêche de créer un buzz pour dire, < To Louis, yes we can, war is over !!! >

Le 20/01/2009 à 23h11 (90.41.**.***)
Lionel -
Parmi les nombreux changements constatés avec un certain étonnement et une impression de "voyage dans le temps" après 8 ans sans aller "à la neige" : il y a le WiFi dans les apparts ! Et donc le "break" utile qu'évoquait Fox a du plomb dans l'aile !

@ Coco : Quelle intéressante convergence entre nos débats/mes positions et le contenu du cursus de management que tu suis actuellement, et comme tu en as clairement exposé les éléments !

J'y retrouve bien entendu les aspects de la conduite de vie qui me paraissent majeurs : "se connaître sans cesse davantage et se développer", "avoir prise sur sa vie", accéder à l'autonomie (ou "autodétermination"), et puis, une fois tous ces chantiers suffisamment avancés, disposer de connaissances et de compétences permettant d'être plus utile aux autres en étant beaucoup plus perceptif de leur vécu.

Comme tu l'as noté, la différence notable entre les principes développés dans le cadre de ton cursus et ma philosophie, c'est que tous ces justes préceptes de travail du/sur soi sont, dans le cas que tu nous présentes, appliqués à l'entreprise et à sa problématique propre. On pourrait y voir un léger dévoiement, le phagocytage d'idées philosophiques et "gratuites" par un monde de l'entreprise dont on sait maintenant le "talent" pour recycler à son profit tout ce qui est dans l'air du temps. La reprise de ces idées dans ce contexte est d'ailleurs clairement signée par l'expression "l'entreprise de soi", qui est une nouvelle façon d'évoquer ce qu'on appelait plutôt jusqu'ici "construction de soi", expression plus neutre. Voire "façonner sa vie comme une oeuvre d'art", image qui éloigne encore plus la démarche d'une "entreprise".

Mais c'est une remarque critique que je fais à titre mineur, les aspects positifs de cette reprise à son compte des "techniques du soi" par l'entreprise me paraissant bien plus notables, et de surcroît assez crédibles. Comme tu l'évoques, le monde de l'entreprise a tendance à s'humaniser progressivement dans un mouvement de fond et je crois qu'il serait erroné de voir d'abord dans cette tendance une récupération sournoise. Et puis la problématique de l'entreprise n'est pas si spécifique. Les questions de développement de soi, d'organisation d'un groupe ou d'une société, de leadership, etc. sont des questions plus générales.

oOo

En fait, ces idées infusent plus particulièrement notre époque et je ne suis pas étonné que tu nous apprennes qu'elles pénètrent désormais pleinement le monde de l'entreprise. Le fil de l'histoire du souci de soi remonte à 2400 ans, mais c'est plus particulièrement maintenant, au 21e siècle, après que notre civilisation a testé toutes les idéologies possibles -- c'est-à-dire, pour aller vite, des systèmes s'imposant aux individus -- que l'on est prêt à comprendre que le "fonctionnement" de chaque individu est si complexe que c'est de là qu'il faut partir pour recomposer une société plus harmonieuse et efficace.

Ce qui m'a probablement frappé le plus quant à cette évolution et qui m'a révélé le plus clairement de quoi participait ma propre démarche empirique (= fondée sur l'expérience personnelle et non théorisée d'avance), c'est la découverte et la lecture partielle des derniers cours de Michel Foucault au Collège de France, de 1982 à 1985, je crois (je n'ai pas mes bouquins et références ici en vacances).

Ces 3 années de cours donnés avant sa mort sont toutes entières consacrées à ces questions du souci de soi (epimeleia autou), du connais-toi toi-même (gnothi se auton) et du gouvernement de soi, à viser pour qui prétend gouverner les autres dans tel ou tel contexte (celui sur lequel se fonde ces réflexions étant la relation "socratique" archétypale de Socrate avec Alcibiade, jeune prince se destinant au gouvernement de la cité athénienne).

Et ce qui est tout à fait frappant, c'est que ce thème fort que Foucault creuse de façon admirable pendant ses 3 dernières années n'a rien à voir avec ses 2 décennies de travaux antérieurs. Ces derniers, on le sait, ont porté principalement sur la prison, la façon dont la société traite les "fous", "Surveiller et punir". Une "déconstruction" et une critique virulente des structures de pouvoir, accusées d'opprimer l'individu, de le dresser.

Ainsi, ce penseur français important du XXe siècle semble bien incarner une "révolution" de la pensée en ce moment charnière. Une révolution, qui comme je le disais, une fois parcouru le cercle des idéologies, des dénonciations, des "résistances" possibles, revient à l'essentiel de l'homme et de ce que doit être son projet, admirablement pensé par Socrate, Platon et Aristote il y a 2 millénaires et demi.

oOo

J'ai toujours en réserve quelques réflexions pour Fox et au moins un rebond sur la riche substance proposé par JC dans ses 2 dernières contribs -- sur la même proposition de Chateaubriand qui a retenu l'attention de Fox --, mais bon, ça n'est pas encore pour cette fois, sorry !


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